Tokyo et les couleurs de l’automne

Tokyo et les couleurs de l’automne

Bonjour tout le monde, comment allez-vous? Les trois semaines qui viennent de passer, je suis pas mal sortie avec des amis qui rentraient bientôt (ou pas) en France, ce qui explique le manque d’articles. Je suis également partie pendant une journée à Kamakura et Enoshima mais je n’avais pas mon appareil sur moi. Cependant, je compte y retourner un jour de beau temps et photographier ces deux magnifiques lieux sous tous les angles! (et me prendre une glace match-patate douce en même temps car, croyez-moi, c’est super bon).

L’hiver a officiellement commencé vendredi dernier. Le froid s’est installé en grande majorité en France depuis quelques temps mais le temps est encore relativement agréable et plus doux au Japon, excepté au nord et dans les montagnes où les températures sont parfois négatives et les premières neiges déjà tombées. Sur Tokyo, les températures descendent rarement sous les 5°C, étant plutôt vers les 10°C en ce moment. Jeudi, il n’a pas fait moins de 15°C, ce qui m’a permis de me balader en pull sans veste ni écharpe. L’archipel étant plus au sud que la France, il n’est pas rare de voir un léger décalage concernant la fleuraison des arbres ou le rougissement des arbres. Cette année, les momiji, la période où les érables rougissent, également appelé kōyō (et ce, comment je vais dénommer cette période) a été relativement tardive. Les feuilles commencent uniquement maintenant à tomber, dénudant ainsi les arbres. Habituellement, les érables sont le plus rouge à la mi-novembre. Cependant, cette année, dû à l’été plus que chaud qu’a eu le Japon, les érables ont rougis plus tard, commençant à être bien rouge que vers la fin du mois de novembre et début décembre. Un automne avec du retard, un peu.

Cette période est idéale pour profiter de la beauté des divers parcs japonais. La couleurs chaudes des arbres se mélangent avec le bleu de l’eau des étangs, se reflétant même dedans. Dans certains parcs, il est possible de voir des hérons. D’autres sont ouverts plus tard et éclairent les arbres, donnant ainsi une autre ambiance au parc, aux érables. Il y a un côté magique, même féérique. Il est possible d’admirer ceci pour 300¥ au Rikugien qui se trouve non loin de la gare de Komagome. Je suis allée une seule fois dans ce parc, de nuit, mais j’ai vraiment aimé l’ambiance, l’aménagement avec les différents étangs, une petite cascade et la maison de thé. Il n’est pas rare, dans les plus grands jardins japonais, de trouver une maison de thé où il est possible de déguster une tasse chaude (ou froide) et quelques petites pâtisseries locales. Ces maisons sont souvent, voire toujours, proches d’un point d’eau. Au fil de la balade, les feuilles se suivent mais ne se ressemblent pas. Un autre ton de rouge ou de jaune, parfois marron.

Un après-midi, en sortant du travail, je me suis motivée pour aller visiter des jardins moins connus proches de chez moi. J’ai commencé par le parc Yokoamicho. Bien que discret et simple, ce parc a un passé sanglant. Lors du tremblement de terre du Kantô, en septembre 1923, les habitants des environs se réfugient dans le parc et près du temple, alors encore inachevé. Un immense incendie se déclare dans diverses parties de la ville, dont celle du parc Yokoamicho. La moitié des personnes mortes lors de ces incendies ont perdu la vie ici. Plus tard, lors des bombardements du 9 au 10 mars 1945, le des bombardements les plus meurtrier de cette Guerre, des corps sans vies sont également entreposés ici avant d’être incinérés l’année suivante. Un mémorial a été dressé en mémoire des victimes du bombardement. Quant à celles du tremblement de terre, la pagode construite après la catastrophe est le lieu de repos de toutes ces âmes. Ainsi, avec ces deux lieux de recueillement, 160 000 âmes reposent ici. Derrière le mémorial pour les victimes de la guerre se trouve un petit parc et un étang tout aussi petit. Une fois que l’on connait l’histoire, l’ambiance est particulière, surtout avec les arbres colorés.

Non loin du parc Yokoamicho, un autre jardin apparait comme un poumon dans la ville. Il s’agit de Kyu Yasuda Teien Garden qui tient son nom de l »entrepreneur Yasuda Zenjiro. Historiquement parlant, le parc existe depuis l’ère Edo (1600-1868) et a été acquis par Yasuda Zenjiro au cours de l’ère Meiji (1868-1912). Le parc est devenu public en 1922, peu de temps après la mort de Yasuda Zenjiro mais le Tremblement de Terre du Kantô de 1923 a détruit des installions qui venaient d’être terminées. Il faudra attendre 1927 pour que le parc ré-ouvre. De taille plus modeste, le jardin se situent non loin de la rivière Sumida, principale rivière de Tokyo. D’ailleurs, autre fois, le fleuve a été légèrement dévié pour alimenté le point d’eau du parc. De nos jours, suite à des eaux trop polluées, le niveau de l’étang est régulé par des canaux artificiels. Un chemin permet de faire le tour du petit lac et d’admirer les deux forêts de Tokyo, celle des arbres rouges et celle des buildings, avec la Tokyo Sky Tree en fond par endroit. Il est également possible de prendre la hauteur, d’avoir une vue différente sur le parc, depuis les petites collines. A l’instar de nombreux autres parcs, un petit sanctuaire est caché entre les arbres.

Ces deux parcs peu connus sont situés non loin de la station Ryōgoku, célèbre pour les tournois de sumo. Il est possible de rejoindre les parcs en 5min depuis la sortie West de la gare JR Ryōgoku. De plus, les deux parcs sont gratuits!

Aviez-vous déjà entendu parlé de ces parcs? Aimeriez-vous y aller?

Belle fin d’année 2018 et on se revoit plus régulièrement en 2019. J’ai tellement à partager!