Shirakawa-go au coeur des Alpes japonaises

Shirakawa-go au coeur des Alpes japonaises

Bonjour tout le monde, comment allez-vous? Je ne sais pas pour vous mais ce mois d’octobre me parait bien long et, pour une fois, j’ai hâte d’être en novembre! Le temps pluvieux fait baisser mon moral. Pour changer ceci, je me suis replongée dans le photos du début de l’été, lorsque j’étais allée à Shirakawago. Un petit voyage a Shirakawa-go au début du mois de mai?

Classé au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco depuis 1995 sous le nom de « villages historiques de Shirakawa-go et de Gokayama » Bien que les deux villages soient situés non loin l’un de l’autre, le plus connu et visité est Shirakawa-go. De même, Shirakawa-go est un ensemble de 3 bourgs dont le plus connu est Ogimachi, les deux autres étant Suganuma et Ainokura. Le village le plus important est celui de Ogimachi et est composé de 59 maisons. Il est possible d’accéder Ogimachi uniquement par la route; de nombreuses lignes de bus desservent alors le bourg. Ces derniers proviennent de Nagoya, Kanazawa, Takayama et Mastumoto. Il faut cependant penser à réserver son trajet de bus avant. La compagnie effectuant le plus de trajet est la compagnie Nohi dont le site est disponible en anglais. Connu à travers le monde entier, le village Ogimachi attire chaque année près d’un million de personne. Il est d’ailleurs possible de passer une nuit sur place, quelques auberges et ryokans ayant ouvert non loin de là, dans le village moderne. Le village est célèbre pour son architecture, celle du gasshô-zukuri, littéralement construction aux paumes de mains jointes. Je reviendrai sur ceci un peu plus loin dans l’article. Au tri particulière, toutes les maisons sont orientées dans le même sens, vers l’est, laissant alors la lumière entrer tout au long de la journée sans être sur-exposé et garder une chaleur supportable dans la maison. Enfin, les maisons sont séparées par des rivières et on peut y observer le picage de riz courant mai.

Maison Wada Wada-ke

Classé comme bien important pour la culture japonaise, la maison de la famille Wada date d’environ 300 ans. Elle est d’ailleurs en partie encore habitée par la famille. Cette famille a fait fortune dans le commerce de vers à soie et le fils de soie mais aussi dans les explosifs. Il s’agit de la plus grande maison de Ogimachi. On peut visiter une partie du rez-de-chaussée et les combles. Au rez-de-chaussée, des objets de la vie quotidienne nous permettent de mieux comprendre la vie d’une famille aisée pendant l’époque Edo (1600-1868) et l’ère Meiji (1868-1912). On peut, par exemple, retrouver des services à thé et à table. Prenez le temps de regarder les détails au niveau des portes coulissantes, ces derniers étant gravés et sculptés.


Sous les combles, divers objets agricoles et habits de l’époque sont exposés, tout comme la manière d’exploiter les vers à soie. En effet, beaucoup de famille utilisait les combles pour les vers à soi. Le foyer de l’habitation se situait au centre de la maison, loin des murs et des poutres, pour réduire le risque d’incendies et diffuser toute la chaleur dans la maison. Ainsi, sous les combles, la température était idéale pour l’élevage de vers à soie. Quand le Japon s’est réouvert, dans la seconde moitié du XIXème siècle, les vers à soie et la soie japonaise sont devenus des biens commerciaux importants et chers. De nos jours encore de la soie est produite à Shirakawa-go.

Maison Nagase Nagase-ke

La maison Nagase est un peu plus récente que la maison Wada. En effet, celle-ci est vieille d’environ 250 ans. Elle a appartenu pendant 3 générations à la famille Nagase, une famille de médecin. De ce fait, du matériel médical de la période Edo est exposé dans la maison. Les combles sont également publics ici. Haut de 11m, la maison Nagase, comme toutes les autres maisons Gasshô-zukuri, possède un toit ayant une forte inclinaison et très épais. Ceci est dû aux hivers froid et très neigeux dans la région, où il peut neiger plusieurs mètres. Grâce à cette inclinaison, la neige glisse plus facilement des toits. Les toits sont recouverts de chaumes dont l’épaisseur peut atteindre parfois 80cm d’épaisseur. La chaume permet de garder la chaleur lors des longues journées froides d’hiver et de préserver la fraicheur quand il fait chaud en été. Changer le toit demande l’aide de tout le village et est changé tous les 20 ans. Cette entraide propre à Shirakawago se nomme d’ailleurs le yui. Pour réduire le risque d’incendie en plein été, les toits sont arrosés pour garder le chaume humide et éviter les départs d’incendies. Le nom de cette architecture, gasshô-zukuri, fait écho au toit qui donne l’impression que deux mains sont jointes.

Gasshô-zukuri Minkaen Outdoor museum Yagai Hakubutsukan Gasshô-Zukuri Minkaen

Au bout du village, après avoir traversé le pont, nous trouvons le musée extérieur Minkan-en. Au travers de ce musée, on apprend plus sur le culture et l’histoire de Shirakawago. Achetés en 1968 quand les habitants du quartier de Kazura voulaient vendre les maisons qui étaient en dehors du village, ces bâtiments ont été, pour certains, restaurés, d’autres non. Composé de 26 bâtiments dont 9 classés comme bien culturel important du département de Gifu, département duquel dépend Shirakawa-go, cet écomusée plus intimiste permet d’avoir une autre approche des maisons Gasshô-zukuri. Outre des maisons, nous pouvons également visiter le moulin d’origine, voir le sanctuaire également d’origine mais aussi manger des soba, nouilles de sarrasin, faites maison. Des souvenirs sont aussi en ventes. Il faut compter une bonne heure pour tout visiter.

Ogimachi Shiroato Tenbôdai et Tenshukaku Tenbôdai

Enfin, deux points de vue qui ont sans doute donner la vue la plus connue de Shirakawa-gô. Nous trouvons d’abord le Ogimachi Shirtoato puis le Tenshukaku. Les deux points de vue se situent non loin de la gare routière, à environ 15min de marche sur une route goudronnée en montée. Le Ogimachi Shiroato se trouve non loin des ruines de l’ancien château qui avait été construit pendant le Moyen-Âge et qui dominait la vallée. Prenez le temps d’observer, outre les maisons et le flot de touristes, les montagnes qui sont recouvertes de neige jusqu’au début du mois de mai. Le second point de vue, le Tenshukaku se trouve, lui, un peu plus haut, au niveau de l’ancien donjon. Elle offre une vue un peu plus dégagée, n’ayant plus d’arbre devant. Il est aussi plus facile de prendre des photos. Enfin, après avoir monté une belle pente et profité de la vue, n’hésitez pas à vous reposer sur l’aire de repos, visiter la boutique souvenir et de prendre un petit casse-croute avant de redescendre!

Shirakawa-go est un des paysages les plus connus de la campagne japonaise. Connaissiez-vous cet endroit? Aimeriez-vous y aller?

Bisous <3