Kita-Kamakura, à la découverte du nord de Kamakura

Kita-Kamakura, à la découverte du nord de Kamakura

Bonjour tout monde, comment allez vous?

Aujourd’hui, retour au Japon avec la découverte du nord de Kamakura, l’une des premières capitales du Japon. J’ai déjà parlé de Kamakura dans cet article et des lieux les plus touristes. Cependant, la partie nord de Kamakura est parfois moins connue, parfois plus intime. Tout début juin, j’ai fait l’aller-retour dans la journée pour aller admirer, entre autre, les hortensias d’un des temples.

Engaku-ji

Situé en haut des rails de train de la ligne Yokosoka, le temple Engaku-ji est l’un des plus grands temples zen du Japon. Construit en 1282, il rend hommage aux personnes mortes en 1271 et 1281 alors que les Mongols tentaient d’envahir l’archipel et que, par deux fois, leur flotte a été détruite par des typhon, des kamikaze, littéralement des vents divins. Le temple est connu pour son entrée, surplombant les escaliers qui relient le temple à la rue. Une immense porte en bois marque ainsi le premier pas dans l’espace sacré avant d’être face à sa seconde porte en bois plus célèbre, la San-mon. Au fond se trouve le Butsu-den, l’espace où se trouve le Bouddha. Ce dernier a brûlé de nombreuses fois entre les époques Muromachi (1336-1573) et le milieu d’Edo (1600-1868) avant d’être reconstruit en 1783. Le bâtiment actuel date de 1964 ; il a été reconstruit après un tremblement de terre qui avait détruit le bâtiment précédent. Au plafond est peint un dragon, créature importante la culture sino-japonaise. En dessous d ces dragons se trouve la statue de Bouddha. Si vous vous en approchez un peu et que vous regardez ses yeux, vous remarquerez sans doute ses pupilles. Même si vous vous déplacez, aussi bien à gauche qu’à droite, son regard continuera à vous suivre, comme pour vous rappeler que Bouddha nous surveille toujours. C’est également dans l’enceinte du temple Engaku-ji que se trouve la sépulture de Hôjô Tokinume, le chef du gouvernement lors des invasion mongoles. Outre son contrôle sur les forces japonaises pour repousser les barbares, il a également permis au bouddhisme zen de se développer au Japon. 

Non loin du Butsu-den se trouve un bâtiment annexe, le Houjou, dédié au zazen. Il est possible de visiter la salle, même en dehors des heures de pratique. Entièrement ouverte, elle donne sur un jardin intérieur. 
Actuellement, le Engaku-ji est un des temples les plus importants de Kamakura. 

Meigetsu-in

Non loin du premier temple se trouve le Meigetsu-in qui, lui, est plus petit et surtout plus fleuri. En effet, le temple Meigetsu-in est connu pour ses hortensias bleus, marquant ainsi le début de l’été, lui donnant ainsi le surnom d’ajisai-dera, le temple aux hortensias. Si vous souhaitez admirer les hortensias, la pleine fleuraison est souvent courant juin, habituellement durant la saison des pluies. Néanmoins, pour éviter les chemins bondés et profiter pleinement des fleurs, il vaut mieux éviter les weekends. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, cette culture de l’hortensia n’est pas si ancienne que ça et date uniquement de l’après-guerre. En effet, le matériel, tout comme la main d’œuvre, pour reconstruire l’allée principale, là où, actuellement les hortensias sont plantés, étaient insuffisants. Planter des fleurs apportant plus de joie à cette population fatiguée, la plantation d’hortensia prit alors forme. Entre la fin mai et début juin, les iris sont également en fleur dans une autre partie du temple. Il est possible de visiter le jardin des iris pour 500¥, celui-ci étant légèrement séparé de la route principale des hortensias.


Le Meigetsu-in a été fondé en 1180 mais a été agrandi en 1380. Il aurait été construit par un homme dont le père, mort lors d’une bataille de clan, celui des Taira et des Minamoto, à la fin de l’époque Heian (710-1185), afin de lui rendre hommage et que son âme puisse reposer en paix. Selon des archives vieilles de 350 ans, il existant un plus grand temple avant le Meigetsu-in à emplacement acutel et s’appelait le Zenko-ji. Le Zenko-ji était le 2èmedes 5 temples les plus influents de la ville, étant même dans le top 10 de la région du Kantô, la région de Tokyo. Le temple appartenait alors à l’école Rinzai, une branche du bouddhisme japonais provenant de Chine. Cependant, ce rayonnement se termine brusquement au début de l’ère Meiji (1868-1912) lorsqu’une campagne anti-bouddhisme touche le pays. En effet, une volonté de l’empereur était de gardé ce qui est purement japonais, même au niveau de la religion, privilégiant ainsi la religion shintoïste, propre à l’archipel. Ainsi, au début des années 1870 et 1880, de nombreux temples ont été partiellement ou entièrement détruit avant d’être, pour certains, reconstruits. De nos jours, ce temple permet de célébrer et prier pour l’empereur.
Prenez également le temps de traverser le petite bambouseraie qui se trouve sur la gauche, à la sortie du temple pour plonger dans une ambiance totalement différente.

Kenchô-ji

Le dernier temple que j’ai visité est celui de Kenchô-ji. Son nom est le même que l’ère où il a été construit, pendant l’ère Kenchô. Dans les temps anciens, l’époque, époque Kamakura dans le cas présent, est découpée en fonction des familles qui dirigent le pays. Tant que la même famille est au pouvoir, l’époque ne change pas. On retrouvera cette logique pendant l’époque Edo. Cependant les ères, elles, marquent les règnes des empereurs. Ainsi, à chaque changement d’empereur, une nouvelle ère commence. Il a été construit entre 1249 et 1253 à la demande de Hôjô Tokiyori, qui était alors le shogun, soit celui qui contrôle réellement le pays, et est le premier temple zen de tout l’archipel. La porte entre l’entrée principale et le butsu-den, la San-mon, date de 1775. Depuis 2005, cette porte est classée bien culturel important au Japon sous le nom de Kenchô-ji San-mon. Selon une légende, un tanuki, une créature de la mythologie japonaise qui ressemble à un raton laveur ou un blaireau portant un chapeau et une gourde, aurait été les prêtes à avoir l’argent nécessaire pour construire le temple afin de les remercier de leur gentillesse. Dans cette même mythologie, les tanuki sont connus pour facilement se déguiser et/ou se transformer. Ce tanuki prend ensuite la forme d’un moine ; de ce fait, la porte est également surnommée taunki-mon, la porte du tanuki.

Le bâtiment dédié à Bouddha, le Butsu-den, est en réalité une pièce rapportée d’un autre temple de Tokyo, celui du Zozo-ji, en 1647. Derrière le bustu-den se trouve le Hattô qui, lui, reçoit les diverses cérémonies tenues dans l’enceinte du temple. Ce dernier a été reconstruit en 1814. Prenez le temps d’admirer le plafond de ce bâtiment où un dragon est peint. Une nouvelle fois, en allant derrière ces bâtiments, une immense porte dorée apparait face à vous. Il s’agit de la kara-mon, considérée comme l’entrée des nobles. Celle présente dans le temple Kencho-ji provient également du temple Zozo-ji de Tokyo et a été déplacée en même temps que le Butsu-den. En passant cette porte, vous vous trouverez devant le bâtiment qui contient une salle de zazen. N’hésitez pas à la visiter et à profiter du jardin à l’arrière du bâtiment.

Et vous, connaissez-vous le nord de Kamakura? Aimeriez-vous y aller?

Bisous!