Izumo-taisha, ce sanctuaire entre terre et nuage

Izumo-taisha, ce sanctuaire entre terre et nuage

Bonjour tout le monde!

Comment allez-vous? A l’heure où je vous écris cet article et quand il sera publié, je serais bien loin de Tokyo, à des milliers de kilomètres, dans la ville de Matsue, non loin Izumo. Situé dans l’ouest du Japon, sur la côté de la mer du Japon, Izumo est principalement connu pour son sanctuaire, Izumo-taisha (出雲大社), et son phrase, le phare de Hinosaki. Il y a quelques mois de ça, une vidéo promotionnelle sur la ville de Izumo apparaissait comme publicité sur Youtube. Je suis alors tombée sur le charme de cette ville qui semblait paisible, calme, dépaysante et surtout magique. Si jamais vous ne l’avez pas vu, je vous la laisse ci-dessous. N’hésitez pas à la regarder avant de lire la suite de l’article!

C’est à la suite de cette vidéo, entre autre, que l’envie de découvrir la ville de Izumo est arrivée. De plus, la ville est très peu touristique et a su garder ce côté authentique du Japon. Ne me méprenez pas, le côté moderne, les gratte-ciels qui se dressent dans la ville, la folie des métropoles japonaises, tout ceci, je l’aime aussi mais, parfois, j’ai besoin de retrouver et de me plonger dans un Japon plus ancien, traditionnel. Et ce que Izumo a su me donner. Ce qui m’a le plus motivée à visiter Izumo est le sanctuaire Izumo-taisha, l’un des plus anciens et importants de tout le Japon. Sans entrer dans tous les détails historiques et religieux, la région de Izumo  a été, pendant de nombreux siècles, un haut lieu du shintoïsme. Les premières occurrences du sanctuaire sont retrouvé dans le Kojiki (712)et le Nihonshoki (720), deux livres narrant la naissance du Japon en entremêlant mythologie et réalité. Des fondations ont également été retrouvées, datant de la même époque, attestant ainsi la véracité de propos de l’époque.

Quand je suis arrivée au sanctuaire de Izumo, il faisait très gris et il pleuvait quand je prenais mon petit-déjeuner. Heureusement, quand je suis partie explorer le fameux sanctuaire, la pluie était moins forte avant de s’arrêter complètement. Avec ce temps pluvieux, l’ambiance était assez mystique, pleine de mystère. Entourée par un parc, au pied d’une forêt, je pouvais voir l’humidité remonter du sol, formant ainsi comme des nuages qui se mêlent avec la terre. Je trouvais ceci assez amusant étant donné que, littéralement, Izumo (出雲) signifie « Sortie des nuages ». Comme pour tout sanctuaire, un immense torii marque l’entrée du parc du lieu sacré ou l’entrée directement. Ici, face à nous, un haut portique en pierre et un long chemin entre deux rangée d’arbres. Ces arbres sont d’ailleurs des pins propres à cette région du Japon. Vous devez alors franchir un pont avant d’atteindre le deuxième torii, celui qui indique réellement l’entrée du sanctuaire. Sur la gauche se trouve le point d’eau, le Temizuya (手水舎),  pour se purifier avant de pénétrer dans la partie plus sacrée de Izumo-taisha.

Une fois le torii franchi, face à nous se dresse le bâtiment destiné aux prières, dans lequel des fidèles peuvent assister aux rites. Son nom japonais est alors Haiden(拝殿). Ce bâtiment se distingue avec la natte en paille de riz tressée, appelée Shime-nawa (注連縄) accrochée sur sa façade avant. Cette tresse mesure pas moins 13,5m pour 4,4t. Le bruit des pièces qui tombent dans la boite à prière n’est pas rare. Au dessus des quelques marches se trouve cette boite à prière, saisen-bako (賽銭箱) devant laquelle les Japonais prient. La structure du bâtiment actuel date de 1666. Avant, un plus grand et haut pavillon existait. Si jamais un rite est en cours et que vous n’osez pas entrer dans la pièce pour y assister, vous pouvez apercevoir le tout au travers des vitres. Le son des clochettes, les paroles chantées, s’élèvent ainsi dans le sanctuaire.

Derrière Haiden se trouve un ensemble de bâtiments cachés par des palissades. L’entrée est toujours fermée sauf pour le Nouvel An, où les portes s’ouvrent exceptionnellement jusqu’à une autre porte intérieure. Néanmoins, il est possible de prier face à la bâtisse principale, que l’on peut apercevoir.  La porte qui permet de voir Honden, le bâtiment intérieur, s’appelle Yatsuashimon (八足門), la porte des 8 poutres. Les Japonais prient alors silencieusement. En bas des marches, sur le côté gauche,  se trouve le point de vente des omamori, omikuji et des ema, les plaquettes en bois pour écrire nos voeux. Ce stand est le plus souvent tenu par les miko, les prêtresses shintoïstes. Petit plus, n’hésitez pas à apporte une feuille blanche ou mieux, un carnet, pour avoir les tampons du sanctuaires! Hé oui, au Japon, les tampons souvenirs sont très répandus. J’en reparlerais sans doute dans un article.

En faisant le tour de l’enceinte du Gohonden (御本殿), vous remarquerez sans doute les poutres croisées. Ceci est propre aux premières constructions shintoïstes. Au cours de l’histoire japonaise, de nombreuses tensions entre le Bouddhisme et le shintoïsme étaient présentes, détruisant au fil du temps les bâtiments des uns et des autres. De plus, le temps fait également son travail et la modernisation des techniques de constructions. Cependant, cette caractéristique des poutres croisées a été conservée pour le bâtiment principal de Izumo-taisha. Ces poutres se situent aux deux extrémités du toit. Ceci est propre à au département de Shimane et prend origine dans ce sanctuaire. Bien sûr, il est possible de retrouver ces poutres dans certains sanctuaires de la même époque. Ainsi, cette architecture se nomme Taisha-zukuri, construction du taisha. Le bâtiment en lui-même est tout aussi important. Haut de 24m, il est, en effet, le plus haut bâtiment se trouvant dans un sanctuaire. Construit il y a plus de 1000 ans, reconstruit en 1744, le toit du bâtiment reste impressionnant à regarder. Les poutres, quant à elles, mesures 7,5m chacune.

Quelques bâtiments plus petits entourent sont ponctuellement présents autour du sanctuaire. Les explications sont écrites en japonais mais il est possible de les avoir en anglais en scannant un code QR. Chaque pavillon possède une signification précise et un rôle défini.

Selon le calendrier lunaire, le mois d’octobre de l’ancien calendrier est le mois sans divinités, ces dernières descendants vers le sanctuaires. Ainsi, dans la région de Izumo, le mois sans divinités est le mois des divinités. A cette occasion, un festival a lieu pour accueillir les divinités. Actuellement, avec notre calendrier, ce festival se déroule courant novembre. Un festival a lieu alors sur la plage voisine.

Pour y accéder depuis la ville même de Izumo, des bus relient la gare de Dentaishamae à la gare JR de Izumo. Il est également possible d’y aller en train de la gare Dentaishamae à la gare Denizumoshi, avec une correspondance à Kawato en utilisant la compagnie Ichibata. L’aéroport de Izumo permet de rejoindre facilement les grandes villes comme Osaka, Tokyo, Fukuoka. Des trains express relient également Izumo et Okayama. Des compagnies bus comme Willer Express ou celles de Japan Online Bus font également la liaison entre divers villes.
Si jamais, je vous laisse la brochure de Izumo en anglais juste ici et plus d’informations sur le sanctuaire juste . Si jamais

Et vous, connaissiez-vous ce sanctuaire ou cette région? Cet article vous a-t-il donné envie d’y aller? D’autres articles sont prévus sur mon petit voyage dans cette région, avec de nouveaux endroits dans diverses villes, ce que j’ai aimé et un bilan de mon premier voyage seule dans le Japon.

Plein de bisous

PS: Petit cadeau avec une photo de moi et de mon sac à dos énorme